Description
Dans sa poésie, Ruth Lasters cherche la réconciliation ultime entre poésie classique et poésie moderne. Elle considère la poésie traditionnelle comme une boîte de Caran d’Ache remplie de crayons gris indispensables, qu’elle aime compléter en recourant à des crayons fluorescents de la modernité. « Ma passion pour la littérature est née tout simplement d’un amour fou pour les mots, pour le mécanisme du langage. Quand on m’a dit que l’alphabet ne comptait que vingt-six lettres, je suis devenue méfiante, car ma mère me lisait chaque soir des livres entiers de Roald Dahl et ces phrases continuaient d’affluer, vertigineusement différentes les unes des autres. Donc vingt-six lettres — cela devait être l’une de ces nombreuses choses qu’on essaie de faire accroire aux enfants. L’alphabet, un instrument dépouillé qui offre pourtant mille possibilités de combinaison, un défi quotidien à mes yeux. » Depuis qu’elle a entendu un écrivain célèbre affirmer que tout intellectuel finit forcément par évoluer vers la misanthropie — une idée qu’elle conteste —, elle se décrit comme une philanthrope à distance. Elle est accro à l’adrénaline pure de la création, une addiction qui ne cesse de croître et qui fait d’elle une citoyenne très heureuse et reconnaissante. L’anthologie Désirs à l’essai présente un choix en traduction française des trois recueils que Lasters a publiés à ce jour.



